La campagne

« L’homme du présent, éternellement insatisfait, ne se plonge plus dans un passé riche d’avenir et a la prétention de se passer d’avenir ».

Stéphen Kerckhove – La dictature de l’immédiateté

La campagne immediat du Centre d’Action Laïque propose de mettre en perspective deux notions qui rythment notre quotidien : immédiateté et média.

Notre intention est que de la fusion de ces deux mots naisse la distance nécessaire à l’exercice de l’esprit critique et du libre examen.

L’immédiateté est le temps de l’homme pressé qui s’agite et trépigne d’impatience.

C’est aussi le temps de l’homme hyper éveillé et hyper informé, membre actif de notre village planétaire et soucieux de savoir ce qui se passe partout et à tout moment.

Par média, nous entendons toutes les formes de communication médiatisées : la presse écrite, la radio, la télévision, internet et les réseaux sociaux.

Dans ce flux médiatique effréné, riches de toutes ces informations, qu’en est-il de notre envie de s’inscrire dans la durée afin de faire sens et société ?

Certains parmi nous le veulent. La résistance s’organise et utilise tous les médias pour mobiliser et agir.

D’autres courent sans arrêt, savent-ils où ils vont ? Savent-ils où nous allons ?

  • Danielle Rouffart-Stroobants

    Dans le reportage d’Arte et la RTBF « Un monde sans humains », je suis effrayée d’avoir vu que certaines personnes se donnent les moyens de « mécaniser » ou « computériser » l’être humain afin de lui faire absorber encore plus d’informations et encore plus vite. Faire de certains « privilégiés » (ceci reste à prouver !) des ordinateurs de chair et de sang afin de courir encore plus vite après l’argent et le pouvoir sans partage me semble une aberration, un détournement de l’esprit scientifique.
    Jamais dans toute l’histoire de l’humanité, des outils de manipulation de l’esprit humain aussi puissants que les médias actuels n’avaient été inventés. Ces outils peuvent enflammer le monde en un clic de souris (cf la mise en ligne du stupide film « L’Innocence des Musulmans »).
    Il me semble absolument nécessaire d’apprendre à se poser pour réfléchir, à se questionner sur l’origine, l’authenticité, le but de ses informations qui nous assaillent, à dialoguer dans le calme, à nous organiser pour résister.
    Le temps biologique de réaction de l’être humain est bien plus lent que le temps de réaction de nos machines – nous sommes continuellement dépassés et insatisfaits de nos performances – alors que si nous nous accordons, en vacances par exemple, le temps de suivre notre rythme biologique, nous éprouvons bien-être et ressourcement. Cette sensation d’être en accord avec nous-mêmes a besoin de temps pour émerger. De même que la construction d’un monde qui respecte le rythme biologique de la nature, de la terre et de ces locataires, nécessite du temps, des projets communs et des forces vives.
    Il me semble que la recherche de l’ « I-média-tètée » et l’abandon des relations authentiques d’humain à humain au profit des relations virtuelles ne peut que nous conduire à la fin de notre civilisation et à la mort.